Défi d’entrepreneur | 24 octobre 2017

Réussir sa campagne de sociofinancement et livrer la marchandise

SmartHalo, le succès avec 100 $ en poche

Les quatre fondateurs de SmartHalo ont chacun mis 25 $ dans l’entreprise à sa création en 2014. Trois ans plus tard, leur produit trône sur les rayons de l’Apple Store, rue Sainte-Catherine à Montréal et l’entreprise a réussi à lever plusieurs millions de dollars en financement.

Au départ, il y a l’idée : un cadran connecté par Bluetooth au téléphone intelligent, installé sur le guidon du vélo, qui indique la route à suivre. « Les cyclistes ne sont plus obligés de s’arrêter à chaque coin de rue pour regarder leur téléphone afin de savoir quelle rue prendre quand ils roulent dans un endroit qu’ils ne connaissent pas », explique Xavier Peich, PDG et cofondateur de SmartHalo, 32 ans. Les fondateurs sont ingénieur, designer industriel, designer UX. Xavier Peich, lui, a travaillé en politique au fédéral et a déjà mené plusieurs projets entrepreneuriaux.

Mais l’idée ne fait pas tout. « C’était un produit cher à produire et les matériaux nécessaires sont trop coûteux pour pouvoir faire de multiples itérations jusqu’à avoir le produit parfait. Il fallait que ce soit bien dès la première fois », résume Xavier Peich, qui, en plus, voulait sortir le produit rapidement. Mais les associés ont la trentaine –voire moins- et pas de fortune en poche. 

500 000 $ sur Kickstarter

Les Milléniaux ont vite trouvé la solution : ils ont lancé une campagne de sociofinancement sur Kickstarter, en 2015. Ils voulaient atteindre 67 000 $, le budget dont ils pensaient avoir besoin pour fabriquer leur produit. Le principe était de le vendre en avance à des amateurs et, avec l’argent frais ainsi obtenu, lancer la production. Ils ont gagné la somme visée en… 15 heures. Au final, ils ont vendu ainsi 3000 unités et ont amassé 500 000 $ ! « À ce moment-là, notre produit n’était même pas encore finalisé. On l’avait juste imprimé en 3D. Et là, il fallait qu’on le fabrique en masse! », se souvient Xavier Peich. La pression était très forte. Les fondateurs n’avaient plus le droit à l’erreur puisque leurs clients attendaient leur produit en état de marche pour les mois suivants.

Certaines startups en hardware hésitent avant de mettre leurs produits en magasin pour conserver leur marge mais comme on a vu l’intérêt de nombreuses boutiques, on a décidé d’aller de l’avant

Ils n’étaient pourtant pas au bout de leurs peines : le produit a coûté plus cher que prévu à concevoir. Alors, « le pire, c’est quand le produit est prêt mais que tu n’as plus d’argent pour le fabriquer », poursuit le cofondateur. Les entrepreneurs ont recherché des investisseurs. Avec leur carnet de commandes plein, ils ont réussi à les convaincre et, au final, à lever du capital.

Vente en ligne et en magasin

Le démarrage a pu avoir lieu pour de bon. Le produit est sorti de l’usine en début d’année. SmartHalo a continué d’en vendre en ligne. Aujourd’hui, 10 000 unités ont déjà été livrées à leurs clients dans 72 pays. L’entreprise compte maintenant une quinzaine d’employés. Elle vendait en ligne puis a commencé à mettre son cadran connecté en vente dans des magasins d’électronique et de sport. Certains sites en ligne le vendent également. Depuis début octobre, SmartHalo a fait son entrée dans les Apple Stores au Canada et aux États-Unis. Une consécration pour les fondateurs.

Xavier Peich, Olivier Bourbonnais et Gabriel Alberola.

« Certaines startups en hardware hésitent avant de mettre leurs produits en magasin pour conserver leur marge mais comme on a vu l’intérêt de nombreuses boutiques, on a décidé d’aller de l’avant », explique Xavier Peich. Une stratégie qui, certes, réduit les marges, mais évite les dépenses d’acquisition de clients.

Développement international

SmartHalo envisage tout de même de créer sa propre force de vente prochainement. En parallèle, l’entreprise reprend tout son processus de fabrication pour tenter d’en baisser le coût grâce à certains ajustements. Née globale, SmartHalo est déjà présente sur tous les continents mais aimerait maintenant développer en particulier son marché au Japon et en Australie. 

SmartHalo, c’est l’histoire de quatre jeunes qui ont une bonne idée, une équipe dotée de toutes les compétences techniques pour la réaliser et qui ont réussi à convaincre des « early adopters » en grand nombre de leur faire confiance. La clé de leur réussite a été de faire appel au sociofinancement. Avec les commandes engrangées, il leur a été possible non seulement d’avoir de « l’argent frais » pour terminer la conception de leur produit mais aussi d’obtenir le soutien d’investisseurs.

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SmartHalo est soutenue par PME MTL Centre-Ville