Rencontre-éclair | 1 mai 2017

Marie-Eve Prevost : la professionnelle du marketing dans votre cuisine

Impliquer les consommateurs pour favoriser leur adhésion

Changer les habitudes des consommateurs tout en leur faisant découvrir une nouvelle marque. C'est le double défi qu'est en train de relever Marie-Eve Prevost de MissFresh. Grâce à une approche méthodique, son frère et elle ont remporté le pari qu'ils s'étaient lancé il y a 3 ans de cela, alors qu'ils habitaient tous deux à Sydney, en Australie! Un pari qu’ils viennent tout juste de couronner en s’associant avec l’épicier Metro.

1. MissFresh livre « clé en main » tous les ingrédients d'une recette que ses clients réalisent ensuite à la maison. D'où vous est venue l'idée de ce concept ?

« Je suis partie retrouver mon frère Bernard en Australie en 2014. C'est lui qui m'a présenté cette idée qui est déjà bien en place là-bas. On a réalisé une étude de marché pour voir si le concept pouvait s'implanter ici, et on a découvert que les perspectives annuelles de croissance étaient super bonnes, d'environ 13 % pour les prochaines années. On a commencé nos livraisons en août 2015, et depuis septembre 2016, on livre partout au Canada. »

2. Comment on s'y prend pour lancer une entreprise lorsqu'il faut non seulement faire connaître son produit, mais surtout faire adopter un nouveau concept à des consommateurs ?

« On a réalisé plusieurs tests pour identifier la stratégie gagnante en termes de gain en notoriété et de réalisation de ventes. On a par exemple envoyé des cartes cadeaux par la poste en ciblant des quartiers selon des critères démographiques d'âge et de revenu, essayé différentes stratégies numériques pour se faire connaître en plus d'investir dans des stratégies traditionnelles comme la radio. Au final, on a effectué successivement plusieurs essais à petite échelle afin de bien mesurer l'impact de chaque approche. »

Ritter Huang, Marie-Eve Prevost et Bernard Prevost

3. Et quelle a été la conclusion ?

« En mesurant la fréquentation de notre site Web et l'engagement des clients, on a finalement conclu qu'un mélange de différentes stratégies allait nous apporter du succès. L'important pour nous, c'est de rejoindre le plus de monde possible, et à force de nous voir un peu partout, les gens se sont mis à essayer notre service. Ce qui semble fonctionner le plus aussi, c'est le bouche-à-oreille. Notre programme de référencement d'ailleurs est notre meilleur ambassadeur. »

4. Est-ce que cette façon de faire très méthodique se voit ailleurs chez MissFresh ?

« Totalement. Le nom lui-même vient d'un processus de sélection. On a d'abord identifié des noms de domaine disponibles, puis des mots qui pourraient aussi bien se dire en anglais qu'en français. On a ensuite procédé à un sondage en proposant 150 noms différents, et les gens ont massivement préféré MissFresh. »

Être entrepreneur, c'est être entouré de gens qui t'offrent leur aide sans arrêt. Tout le monde veut que ton projet fonctionne sans avoir un agenda derrière la tête. C'est vraiment rafraîchissant. 

5. Metro vient d’acheter 70 % des parts de votre entreprise. Comment est-ce que l’arrivée de ce géant de l’alimentation va transformer MissFresh ?

« Notre vision a toujours été de faire grandir l’entreprise à son plein potentiel. Alors, lorsque Metro nous a approché et nous a fait une offre, ça a été un « no-brainer » pour nous. Il y a plusieurs possibilités de synergies entre les deux entreprises. Pour l’instant, les gens de Metro nous offrent beaucoup de soutien, et nous font entre autres bénéficier de leurs connaissances des marchés québécois et ontarien. Mais on n’en dit pas plus pour des raisons de concurrence. »

6. Comment vous êtes-vous entourés pour ce projet ?

« On a approché des gens qui pourraient à la fois investir, mais aussi contribuer par leurs compétences à notre projet. Mon frère Bernard est un comptable agréé et moi une spécialiste de marketing Web. On avait donc de l'expérience en gestion numérique, en développement de produits et en finance, mais pas en logistique, en emballage ou en agroalimentaire, par exemple. On a ciblé des personnes qui avaient des compétences complémentaires aux nôtres, et on a réussi à intéresser comme ça une dizaine de personnes. On travaille toujours de façon à créer des alliances stratégiques parce que c’est une bonne façon d’aller chercher de la croissance. »

« Être entrepreneur, c'est être entouré de gens qui t'offrent leur aide sans arrêt. Tout le monde veut que ton projet fonctionne sans avoir un agenda derrière la tête. C'est vraiment rafraîchissant. »

7. Si vous aviez un conseil à donner à un entrepreneur, quel serait-il ?

« Quelqu'un nous a conseillé d'embaucher un avocat alors qu'on était encore au stade de boucler le financement initial. Ça nous a coûté cher, mais avec le recul aujourd'hui, je réalise à quel point ça a été un conseil précieux. Grâce à lui, on a adopté une structure corporative solide qui nous permet d'éviter d'avoir des bâtons dans les roues. Ce n'est pas un aspect auquel on s'attarde habituellement lorsqu'on démarre une entreprise. »

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MissFresh est soutenue par PME MTL Grand Sud-Ouest