L'immobilier industriel du West-Island dans l'économie canadienne actuelle - janvier 2019

Mémoire de John Burrascano, Commissaire industriel

Je déteste le dire, mais je vous l'avais bien dit! Dans mon dernier rapport sur la performance économique du Canada du 2 octobre 2018, j’en concluais que de nombreux facteurs économiques peuvent entraîner un ralentissement de l’économie mondiale. Des prévisions très récentes confirment ce ralentissement. D'autres prévisions indiquent que l'économie mondiale continue de se développer, même s'il existe de nombreux facteurs qui font des ravages.

L’économie mondiale a très bien performé en 2018. Force est de constater qu’elle doit se tenir à l’abri de la politique protectionniste américaine et du ralentissement associé à l’économie chinoise, d’un PIB moins impressionnant pour la zone euro et de la question du Brexit, de la hausse des taux d’intérêt et des marchés financiers apportant de faibles rendements obligatoires et boursiers aux investisseurs, ainsi que des hauts et des bas des prix du pétrole.

Comment se pourrait-il que nous ayons de bonnes performances économiques globales à un moment où l'économie mondiale était en proie à d'importantes turbulences ? La réponse est une économie américaine forte. L'économie mondiale est restée dynamique en 2018, car l'économie américaine est passée de 2,2 % du PIB en 2017 à 2,9 % en 2018. On prévoit une croissance du PIB de 2,7 % en 2019 et un taux de PIB inférieur de 2 % en 2020 (Fédération des Caisses Desjardins, décembre 2018: 7).

Peter Coy écrit dans un article récent de Bloomberg Businessweek (2018: 3):

« Ainsi, les perspectives pour 2019 sont meilleures que prévu, compte tenu des mini crises qui éclatent à gauche et à droite. La forte croissance aux États-Unis n’est pas seulement bonne pour les Américains; c’est bon pour les travailleurs des pays qui produisent des biens et des services destinés à la vente aux États-Unis. En fait, les États-Unis sont en grande partie responsables du maintien de la croissance mondiale à un rythme égal, malgré le ralentissement de nombreuses autres grandes économies ».

Qu'est-ce que tout cela traduit pour la province de Québec ? Le Québec suit essentiellement la même trajectoire que l'économie mondiale. Son PIB réel devrait être inférieur au cours des prochaines années. Son PIB pour 2017 était de 2,8 % et devrait atteindre 2,6 % en 2018. Il devrait afficher une performance de 1,8 % en 2019 et de 1,5 % en 2020 (RBC, décembre 2018; 7).

Tout comme l’économie mondiale a tiré parti de la vigueur de l’économie américaine, le Canada et le Québec sont à l’abri de l’économie américaine. Dans l’ensemble, la solide performance économique des États-Unis contribue à renforcer l’économie canadienne malgré les nombreux conflits économiques qui caractérisent les relations entre le Canada et les États-Unis de nos jours, en particulier les relations commerciales. Ainsi, le Canada et le Québec ont maintenu une dynamique économique soutenue depuis 2017.

L’année 2019 promet d’offrir de bons niveaux d’activité économique locale dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale. En termes de résultats pour les marchés de l’immobilier industriel de Montréal et de l’Ouest-de-l’Île, il semble que cette année sera une autre bonne année. L’ l’Ouest-de-l’Île et Lachine doivent avoir une demande soutenue de produits industriels. Nous reprenons nos activités là où nous les avions laissés l'année dernière; Colliers International (T4, 2018) indique que le taux de vacance industrielle de l'Ouest-de-l'Île s'établissait à 2,9% au T3 2018 et à 2,0% au T4 2018. Pour Lachine, son taux de vacance était de 4,7% au T3, mais passait à 6,9% au T4, 2018.

Le Canada fait toutefois face à des défis économiques en 2019. En 2018, la baisse des prix du pétrole, des taux d’intérêt plus élevés, la baisse des ventes de logements et de la demande de biens durables, ainsi que le ralentissement de la création d’emplois ont montré des signes de fissure dans l’économie canadienne (RBC, 2018: 2-3). Pour le Québec, la Fédération des Caisses Desjardins (2018 : 10) affirme que le dynamisme économique va se ralentir à partir de 2019. Le principal indicateur est que les dépenses de consommation ont commencé à ralentir en 2018, principalement en raison de la hausse des taux d'intérêt. Le ralentissement des dépenses de consommation a été particulièrement ressenti dans le secteur résidentiel, la demande de logements ayant diminué.

En conclusion, je dirais que le marché immobilier industriel de Montréal et de l'Ouest-de-l'Île se comportera plutôt bien en 2019. Toutefois, il existe de nombreuses raisons pour que l'économie mondiale dans son ensemble ralentisse et affecte négativement les économies canadienne et québécoise, menaçant ainsi le secteur immobilier industriel. Il est certainement plus facile à dire qu'à faire que tous les gouvernements doivent naviguer dans des eaux économiques difficiles avec beaucoup de prudence afin d'éviter un ralentissement économique important, voire pire encore, une récession.

Bibliographie

Colliers International
Rapport de marché industriel. Quatrième trimestre, 2018.

Coy, Peter«
Une économie américaine forte stimulera la croissance mondiale en 2019». Bloomberg Businessweek, le 13 novembre 2018.

Fédération des Caisses Desjardins
«L’économie mondiale continue de se développer malgré les nombreuses tensions».
Perspectives économiques et financières. Par Desjardins Economic Studies, 18 décembre 2018, page 7.

Fédération des Caisses Desjardins
«La croissance économique ralentira à partir de 2019».
Perspectives économiques et financières. Par Desjardins Economic Studies, 18 décembre 2018, page 10.


RBC
«Le vent du changement». Perspectives économiques et financières. Par RBC Economic Research, décembre 2018.

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