Défi d’entrepreneur | 31 janvier 2018

Apprendre à devenir entrepreneur

Avec Rakoon Studio, Malik Royer commence à se faire une place dans le monde des vidéos 360 degrés pour la réalité virtuelle. Un secteur en émergence, qui compte des startups en concurrence avec de grands studios établis.

Comme toutes les nouvelles technologies, la réalité virtuelle ne s’enseigne pas à l’école. Bien que Malik Royer ait suivi des cours en cinéma au cégep, il s’intéresse surtout en autodidacte au cinéma et à l’informatique.

C’est ce goût-là qui l’a amené à Rakoon Studio. Dans ce nouveau monde de la réalité virtuelle où tout est en train de se mettre en place. « Ce n’est pas encore un marché établi. Il y a donc beaucoup d’éducation à faire, d’exploration pour pousser le concept au maximum. Ça demande d’être toujours dans la création », explique l’entrepreneur, qui a déjà revu l’orientation de son entreprise née en 2015.

Je n’avais jamais pensé au monde des affaires avant. J’étais plutôt un technicien passionné par la réalité virtuelle qui est arrivé dans l’entrepreneuriat par hasard

Pas facile de faire sa place sur un marché mouvant, naissant. Rakoon Studio a trouvé le moyen de « se démarquer en faisant de la postproduction pour les animations de réalité virtuelle dans le milieu du cinéma, les agences, etc. », indique Malik Royer, qui continue d’affiner le créneau dans lequel il place Rakoon Studio.

Réaliser un apprentissage rapide de l’entrepreneuriat

L’entrepreneur n’a pas seulement appris la réalité virtuelle sur le tas. Il a aussi dû apprendre à être gestionnaire en accéléré. Peu de temps après le démarrage de Rakoon Studio, le partenaire de Malik Royer a quitté la firme. Une épreuve alors que la société était très jeune. De plus, Malik Royer n’avait pas un profil de gestionnaire. « Je n’avais jamais pensé au monde des affaires avant. J’étais plutôt un technicien passionné par la réalité virtuelle qui est arrivé dans l’entrepreneuriat par hasard alors que là, je me retrouvais avec le volet gestion de l’entreprise à prendre en charge », explique Malik Royer. Il a fallu racheter les parts de l’ex-partenaire, ce qui a mis beaucoup de pression sur la trésorerie déjà fragile de la startup.

Après quelques moments de doute, Malik Royer s’est jeté à corps perdu dans l’aventure et s’est finalement rendu compte que « contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est pas le plus important d’avoir fait beaucoup d’études en gestion pour être entrepreneur, ceux qui réussissent le mieux, ce sont ceux qui sont passionnés ». Le jeune homme a réussi à faire croître sa société grâce à sa passion mais aussi en s’entourant de personnalités compétentes. « J’ai constitué une bonne équipe autour de moi pour compenser mes faiblesses », explique-t-il. Pour concilier cela avec les ressources financières de l’entreprise, il a utilisé divers modes de rémunération (pourcentage du montant de contrats apportés par le responsable du développement des affaires, etc.).

Développer la vision

Il a ainsi pu consacrer plus de temps à la stratégie et implanter sa vision.  « Avant, on se concentrait surtout sur la technologie. Maintenant, je veux qu’on ait un regard artistique », affirme Malik Royer. Le studio a une nouvelle image de marque, bâtie dans ce sens. Le site internet en cours de construction sera « artistique et déjanté afin de donner son identité à notre compagnie, à appuyer son originalité », poursuit l’entrepreneur.

Orienter la culture d’entreprise sur l’épanouissement professionnel

Reste le défi de la main-d’œuvre que les petits studios se disputent avec les grands, dont les moyens permettent de faire des offres plus alléchantes pour les artistes 3D qui se savent recherchés. Pour tenter de compenser, Malik Royer, qui ne peut concurrencer sur les salaires, joue sur un autre terrain. « Ici, ils ne sont pas des numéros, ils sont engagés dans l’intégralité du projet et non pas seulement dans une partie comme c’est souvent le cas dans les grandes entreprises. Je laisse aussi beaucoup place à la créativité », énumère-t-il. Des arguments qui portent pour ceux qui n’ont pas aimé leur expérience dans de plus grandes structures.

L’apprenti-entrepreneur a vite appris les rudiments de la gestion. Quant à la vision, il l’avait ; il s’est donné les moyens de la mettre en œuvre. C’est ainsi que Rakoon Studio, qui compte maintenant quatre employés, est en croissance : l’envergure des projets augmente et des contacts à l’international se prennent. 

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