Défi d’entrepreneur | 31 octobre 2018

Atelier Wellington, une entreprise qui roule

Créer un magasin de vélos spécialisé en mécanique qui réponde avec justesse aux besoins des cyclistes sans les pousser à acheter du nouveau matériel, c’est l’ambition qui a motivé Hugo Pétrin à ouvrir Atelier Wellington au printemps 2016. Ce magasin de Verdun répare et vend des vélos et accessoires de toutes gammes.​

En travaillant 10 ans en tant que mécanicien dans différentes boutiques de l’île, le jeune homme a constaté que l’accent était mis trop souvent sur la vente à pression de vélos au détriment du conseil et de la mise à niveau du matériel existant. Une fois son bac en génie mécanique en poche, il a donc voulu y remédier en lançant son commerce, avec le soutien de l’un de ses anciens employeurs devenu actionnaire minoritaire d’Atelier Wellington.

J’ai voulu créer Atelier Wellington car ma grande expérience dans le monde du vélo me donnait une forte capacité à réussir !

Rapidement, les clients ont afflué. Résultat, Atelier Wellington a dépassé son objectif prévisionnel de 60% dès sa première année d’activité. Pour son premier été, Hugo Pétrin pensait n’engager que deux ou trois mécaniciens. Finalement, il a dû faire appel à neuf personnes pour faire face à la forte demande.

S’improviser DRH

Si l’entrepreneur se sent comme un poisson dans l’eau dans l’univers des deux-roues, recruter et gérer des employés était une première pour lui. « Pour moi, cela représente un défi quotidien », souligne le Montréalais de 26 ans. En effet, Hugo Pétrin doit résoudre une triple équation. Son activité étant concentrée sur les quatre mois d’été, ses besoins en personnel fluctuent grandement au cours de l’année.

Pourtant, pour celui qui se montre très soucieux de la qualité du service offert, pas question de lésiner sur la compétence de sa main d’oeuvre. « Bien que la réparation de vélos soit un domaine très technique, il n’existe pas vraiment de formation certifiant un niveau d’expertise, dit-il. L’apprentissage se fait surtout sur le tas, avec le support de mécaniciens plus expérimentés. »

S’entourer de professionnels lui simplifierait la vie mais Hugo Pétrin tient à éviter d’embaucher des personnes formatées à la vente de vélos à tout prix. L’objectif étant de faire les choses différemment. « Il me faut des gens qualifiés, disponibles, pas trop dispendieux et qui partagent ma façon différente de penser », résume-t-il.

Objectif formation

Un dilemme qu’Hugo Pétrin a réglé en choisissant des passionnés de vélo comme lui, à qui il enseigne l’art de la mécanique. « Former les nouvelles recrues permet de normaliser le niveau de qualité que j’attends d’elles et de les modeler à l’image et à la culture d’entreprise d’Atelier Wellington, explique-t-il. Je les choisis plus pour leur personnalité et pour leur motivation d’apprendre que pour leur bagage technique. »

Et, la formule marche car la plupart des salariés présents l’été dernier seront de retour cette année. « Ils ont connu une courbe de progression rapide, affirme Hugo Pétrin. Cela a représenté une fierté pour eux mais pour moi aussi. On grandit ensemble! »

Pour faciliter la transmission des connaissances à l’interne, Hugo Pétrin a récemment décidé de nommer un gérant, chargé de superviser la réparation des vélos. « C’est un mécanicien chevronné, qui partage la même vision que moi, se félicite-t-il au sujet de celui qui a été son collègue par le passé. Son mandat est d’assurer la qualité des vélos qui sortent du magasin car c’est sur ce point que se construit notre crédibilité vis-à-vis de notre clientèle. »

Une nouvelle expansion

Cette embauche devrait aussi permettre à Hugo Pétrin de se concentrer sur l’expansion de son entreprise. Un an seulement après avoir ouvert sa boutique, il vise à lancer une seconde succursale. Cette nouvelle expansion devrait lui permettre d’enrichir encore davantage ses compétences en entrepreneuriat. Car, l’ingénieur de formation pense déjà à une prochaine étape : revenir à ses premières amours en fondant une entreprise en ingénierie mécanique.

« En attendant, j’ai voulu créer Atelier Wellington car ma grande expérience dans le monde du vélo me donnait une forte capacité à réussir », indique-t-il. Être passionné par son projet est essentiel mais faut aussi se baser sur ses forces et travailler avec ce que l’on a.

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L'atelier Wellington est soutenu par PME MTL Grand Sud-Ouest