Avoir une entreprise en accord avec ses convictions

Changer les habitudes, un client à la fois

Après avoir cherché sa voie, Pascal Hudon a fondé une boucherie écoresponsable en 2016. Bref, « c’est par conviction, et pas pour devenir millionnaire »,  que le jeune homme s’est lancé en affaires. Il a certes pris des risques, mais le fait d’avoir bien fait ses devoirs lui a été salutaire.  

Aussi loin qu’il se souvienne, Pascal Hudon a toujours bossé de près ou de loin en boucherie, entre autres dans l’entreprise de ses parents. Mais il voulait connaître autre chose. 

Après avoir tâté de la psychologie, de la musique et de la kinésiologie, il connaît une sorte d’épiphanie en s’inscrivant au certificat en gestion et pratiques socioculturelles de la gastronomie, à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM. 

« Je me suis dit que j’allais demeurer en boucherie, mais que j’allais faire ça autrement », lance le président et fondateur de Pascal le boucher, une boucherie ayant pignon sur rue dans l’arrondissement de Villeray.

Connaître son marché

Conscient qu’il nageait à contre-courant, Pascal Hudon a fait appel aux nouvelles technologies afin de connaître l’opinion des gens. Grâce à la plateforme SurveyMonkey et aux médias sociaux, il a réalisé un sondage auprès de 500 personnes de son quartier sur l’achat local, les choix écoresponsables, etc. Cette opération ne lui a coûté que quelques dizaines de dollars. Un excellent placement.

Mais surtout, le boucher nouveau-genre devait mettre sur pied un réseau d’approvisionnement qui n’existait tout simplement pas. « J’ai mis beaucoup de temps à visiter chacune des fermes qui me fournissent aujourd’hui, dit-il. Ça a été beaucoup de défrichage. Au début, certains pensaient que j’étais un rêveur quand je leur parlais de boucherie écoresponsable. Mais la plupart ont compris mon projet et sont devenus mes partenaires. » 

Offrir des viandes selon la saison et la disponibilité, mais aussi privilégier des animaux qui ont reçu une alimentation en fonction de leurs besoins réels (et pas ceux du marché), qui ont accès au pâturage et dont l’empreinte environnementale est plus faible ; tels sont les critères de sélection nécessaires pour être fournisseur de Pascal le boucher. 

Partager son enthousiasme avec sa clientèle

Les produits vendus chez le détaillant novateur sont évidemment plus chers. « C’est le reflet d’une vraie consommation de viande responsable. Manger de la viande, c’est un luxe. Ça peut paraître contradictoire, mais c’est comme ça. Le fait d’être en ville me permet d’avoir beaucoup de clients, même si chacun d’entre eux consomment peu. »

Notre but est que notre enthousiasme et nos convictions envers la consommation durable soient contagieux

D’ailleurs, inciter les consommateurs et la population en général vers une consommation de viande plus responsable s’est fait presque tout seul. « On est rendu là, ça intéresse les gens. Je viens d’embaucher une fille comme boucher. Les filles sont très peu présentes dans le secteur. C’est un signe. » 

« Notre but est que notre enthousiasme et nos convictions envers la consommation durable soient contagieux, et que les gens soient de plus en plus nombreux à manger moins de viande, mais à la choisir mieux. »

Oser le sociofinancement

Se définissant comme quelqu’un qui prend peu de risque, le jeune entrepreneur a pourtant osé un appel à tous par le biais d’une campagne de sociofinancement sur la populaire plateforme internationale Indiegogo. En un mois, il a amassé 15 000 $.

La recherche d’autres sources de financement n’a pas été une source de stress, dit-il. « Quand tu as de l'expérience, que tu es sérieux dans ta démarche, l’argent suit. » 

PME MTL et Futurpreneur ont respectivement prêté de l’argent au jeune homme qui a misé personnellement plusieurs milliers de dollars dans l’aventure. Pascal Hudon a par ailleurs gagné la finale québécoise du concours OSEntreprendre, assortie d’environ 13 000 $ en bourses. 

Utiliser ses contacts

Pascal Hudon n’a pas hésité à demander de l’aide à ceux qui l’entourent ou à ceux avec qui il a collaboré dans une autre vie. Un ami architecte, et un autre menuiser, lui ont notamment prêté main-forte dans l’aménagement de sa boucherie urbaine à aire ouverte. 

Un mélange de convictions, de connaissances, de contacts, mais surtout d’audace, ont permis à Pascal Hudon de devenir entrepreneur. 

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Pascal le boucher est une entreprise soutenue par PME MTL Centre-Est