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Evio : révolution écologique et technologique emballante

Défi d’entrepreneur | 13 août 2019

Qui aurait cru que des carapaces de crustacés pouvaient se transformer en emballages alimentaires? Mieux encore, cette innovation 100 % biodégradable et antibactérienne s’avère moins polluante que les pellicules traditionnelles de plastique, en plus de conserver les aliments frais plus longtemps.

Dans le cadre de leurs études de doctorat à Polytechnique Montréal, les ingénieures chimiques Mounia Arkoun et Nury Ardila, en collaboration avec les professeurs Marie-Claude Heuzey et Abdellah Ajji, ont mis au point il y a quelques années un emballage alimentaire avec comme composante de base le chitosane, une fibre extraite des carapaces de crustacés, crabes, homards et crevettes.

En gros, on la transforme en poudre. Celle-ci est débarrassée de tous ses résidus allergènes (pigments, minéraux, protéines), puis décolorée afin d’éliminer la couleur rouge propre aux fruits de mer en cuisson. Ensuite, on la combine avec de l’eau et de l’acide acétique avant qu’elle soit filtrée par un appareil qui en évapore les liquides. La solution visqueuse qui en résulte devient alors une fine pellicule de bioplastique.

En donnant une seconde vie à la composante d’une carapace, les deux spécialistes mettent ainsi à contribution une matière qui, autrement, était destinée à aboutir dans les incinérateurs, les sites d’enfouissement ou le bac à compost. Sur ce seul point de vue, l’impact écologique positif de leur innovation serait à souligner. Toutefois, leur emballage comporte bien d’autres attributs.

Éliminer les risques et repousser la date de péremption

Ainsi, sur le plan alimentaire, le chitosane présente l’avantage d’être antibactérien, car c’est un rare polysaccharide chargé positivement. La paroi des bactéries (ce qui altère les aliments), elle, l’est négativement. Or, puisque les charges positives et négatives s’alimentent, le chitosane présent dans l’emballage de bioplastique perfore les cellules et les détruit.

De cette manière, on parvient à supprimer l’irritant responsable de la détérioration alimentaire. Donc, moins de risque de subir les infections, intoxications, contaminations et empoisonnements liés à l’E. coli, à la Listeria, à la salmonelle et aux autres staphylocoques. En somme, l’emballage est actif, et son interaction avec l’aliment empêche la croissance microbienne. Le tout sans l’ajout d’un quelconque additif chimique. Conséquence : un produit emballé aura une durée de vie supérieure d’une semaine comparativement à un autre emballé dans les pellicules actuelles.

Parce que notre emballage prolonge la vie des aliments, il sera possible de les transporter plus loin sans en affecter la péremption.

L’enjeu est de taille, car selon les données de l’ONU, 30 % de la nourriture produite et destinée à la consommation humaine dans le monde est jetée sans avoir servi. Ainsi, 1,3 milliard de tonnes d’aliments, dont 20 % de viande, 30 % de céréales et la moitié des fruits et légumes récoltés se retrouvent ainsi aux ordures. Seulement au Canada, plus de 30 milliards $ de valeurs alimentaires sont gaspillés chaque année en raison de l’expiration de la période de consommation allouée.

Dans les pays industrialisés, le gaspillage alimentaire attribuable à une mauvaise gestion des dates de péremption équivaut à plus de 220 millions de tonnes chaque année. À titre comparatif, cela correspond à la production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne.

Des possibilités commerciales d’ici peu

Evio, l'entreprise mise en place par les deux entrepreneures, prépare pour 2021 la commercialisation de ChitoPack – nom donné à leur produit. La stratégie envisagée serait l’octroi d’une licence d’exploitation à des joueurs de l’industrie de l’emballage.

D’ici là, elles s’affairent, en compagnie de partenaires qui se sont greffés à leur projet, à valider l’absence d’effets indésirables de leur invention sur les propriétés alimentaires, comme les valeurs nutritives, le goût, la texture et la couleur.

Le chitosane présent dans l’emballage de bioplastique ChitoPack perfore les cellules des bactéries, puis les détruit.

Un autre aspect à peaufiner est la production éventuelle de variantes de l’emballage en fonction des produits à protéger. « Par exemple, il ne doit pas y avoir d’air autour d’une viande, mais il en faut pour un légume ou un fruit. Autre cas : pour être bien conservé, un fromage nécessite un certain pourcentage d’humidité qui n’est pas le même que pour un poisson. Par conséquent, il nous faudra ajuster le nombre de couches en fonction de chaque produit. »

Bien entendu, un emballage de haute qualité comme le ChitoPack, ayant nécessité des années de recherche et de développement, risque de coûter plus cher que les pellicules à bon marché bien connues. Toutefois, les deux associées ne voient pas cette réalité comme un obstacle majeur. « Parce que notre emballage prolonge la vie des aliments, il sera possible de transporter ceux-ci dans des régions plus éloignées ou de les exporter encore plus loin sans en affecter la péremption. Donc, d’un point de vue commercial, il en vaudra le coût d’assumer la différence de prix. »

Comment PME MTL a fait la différence pour Evio

« Nous avons été mises en contact avec PME MTL après avoir obtenu l’une des trois bourses Pierre-Péladeau attribuées en 2017 afin de stimuler la relève entrepreneuriale. Par le financement, mais aussi par la présence de ses conseillers experts, PME MTL a contribué à la mise en place de notre projet et à son évolution. »

Le conseil de Mounia Arkoun et de Nury Ardila pour les entrepreneurs en démarrage

« N’hésitez pas à suivre des cours, des formations, des ateliers. Nous avons personnellement suivi des formations en démarrage d’entreprise afin de combler notre manque d’expérience en cette matière. Au Québec, il existe une foule de ressources sur ce plan pour aider ceux qui se lancent en affaires, que ce soit dans les institutions d’enseignement reconnues ou encore par des programmes gouvernementaux. Cela vaut la peine de se renseigner pour trouver la formule qui vous conviendra. »

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Evio est soutenue par PME MTL Centre-Ville.