Défi d’entrepreneur | 20 février 2019

Grand Montréal comique : les grandes réalisations d’un petit OBNL

Martin Petit, cofondateur du Grand Montréal comique, revient sur les mois haletants qui ont précédé la tenue de la première édition du nouveau festival d’humour québécois. Un projet fou, chapeauté par un organisme à but non lucratif (OBNL), qui démontre bien comment ce véhicule peu commun est capable de grandes réalisations.

Octobre 2017. Un tsunami déferle sur l’industrie de l’humour au Québec, et plus spécifiquement sur le Groupe Juste pour rire.

Un groupe d’humoristes, mené notamment par Martin Petit, entreprend de changer la donne. Ensemble, ils organisent une série de rencontres afin d’évaluer différentes options pour la suite.

« On a senti que c’était le moment de faire les choses par nous-même, explique Martin Petit. C’était impossible de continuer à soutenir un modèle comme celui de Juste pour rire. »

L’idée de lancer un nouveau festival s’impose rapidement, sans toutefois faire l’unanimité au départ. La nouveauté amène son lot d’incertitudes après tout. Mais après quelques rencontres, un collectif adhère finalement au projet. Celui-ci prendra la forme d’un OBNL. Une façon de « redonner à la collectivité ce qu’elle lui donne », selon M. Petit, mais aussi un véhicule capable de « durer dans le temps ».

Le 7 novembre 2017 naît officiellement le Festival du rire de Montréal, organisme qui sera éventuellement rebaptisé le « Grand Montréal comédie fest ». Sa vision : créer le meilleur festival d’humour du Québec afin de diversifier l’offre existante en l’humour, en s’appuyant sur des valeurs d’équité et d’intégrité.

Un OBNL qui s'invente et avance à haute vitesse

S’enclenche alors un compte à rebours de moins de huit mois.

À son arrivée, le train est déjà bien assis sur ses rails. Mais encore fallait-il le conduire à la gare en assurant la tenue d’un festival 5 mois plus tard.

« L’équipe avait déjà créé une image de marque et sécurisé l’engagement d’une dizaine d’humoristes, se souvient l’ancienne directrice générale du Grand Montréal comique, mais il restait encore beaucoup à faire. »

« On fonctionnait comme une « startup » qui avait un « deadline » ferme à respecter, ajoute Mme Arseneau. Il fallait tout faire en même temps, et en plus, on était scrutés par les médias. »

L'OBNL qu’on a créé, personne ne pourra jamais l’acheter ou le déménager

Sur sa liste des items à cocher, on comptait entre autres la préparation d’une opération marketing, sans compter la réservation de salles de spectacle, l’ajout de dizaines d’artistes au projet et la préparation de la programmation.

Tout ça, en plus de la recherche de financement.

« Ça aurait pu partir dans tous les sens, se souvient-elle. Mais à un certain moment, on a arrêté de prendre les nouvelles idées, et on est parti avec ce qu’on avait. »

La gestionnaire applique alors une approche méthodique, identifie les problèmes qui pourraient générer de la friction, et prend le contrôle des finances de son organisme.

« Je n’avais pas de prise sur mes données financières lorsque je suis arrivée, explique-t-elle. On a pris un comptable qui connaissait le milieu du spectacle, et on a adopté une comptabilité par activité qui était mieux adaptée à notre projet. »

En amenant les gens autour d’eux à se dépasser, le Grand Montréal comique a finalement rassemblé 161 humoristes autour de 91 spectacles lors de sa première édition.

Du nombre, on comptait quelques coups d’éclat, notamment un spectacle de 100 minutes réunissant 100 personnalités québécoises présenté simultanément dans trois villes, et ce, par les mêmes artistes, véhiculés d’un endroit à l’autre par hélicoptère.

La fierté des artisans

À la clôture du festival le 15 juillet 2018, les visages de l’équipe affichaient chacun un large sourire.

« On savait qu’on s’était donné un défi de fou. Mais toute l’équipe et ses collaborateurs ont travaillé avec dévouement pour que le projet se réalise. Il fallait vraiment que tout le monde y mette du sien pour que ce soit un succès. »

« On est très fier de ce qu’on a créé, indique pour sa part le co-instigateur du projet. Un an plus tard, on a prouvé que notre idée folle était réalisable, et en plus, l’OBNL qu’on a créé, personne ne pourra jamais l’acheter ou le déménager. »

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Grand Montréal comique est soutenu par PME MTL Centre-Ville.