Choisir le repreneuriat plutôt que le chemin de la retraite

Défi d’entrepreneur | 29 juin 2017

Saisir l'opportunité lorsqu'elle se présente

À l’âge où certains prennent leur retraite, d’autres se lancent en affaires. C’est le cas de Faraj Nakhleh qui a entamé sa carrière d’entrepreneur par un rachat à l’âge de… 62 ans! Histoire d’un homme qui a risqué la fortune d’une vie pour revamper son acquisition.

C’est en 2008 que Faraj Nakhleh entreprend une nouvelle carrière en prenant le contrôle de TrakMaps, une entreprise conceptrice de cartes géographiques pour le plein air.

Cet ingénieur de formation avait déjà de solides bases en affaires. Après avoir occupé des postes en vente, puis en gestion dans des entreprises de hautes technologies, celui-ci a poursuivi sa carrière chez Raymond Chabot Grant Thornton, pendant 9 ans, à titre de spécialiste en achat et vente d’entreprises.

Mettre en application ses propres conseils

Mais après s’être impliqué dans les rachats des autres, M. Nakhleh se sentait prêt à gérer le sien. « Je voulais avoir ma propre « business » et la mouler à ma façon, explique-t-il. Le cas de TrakMaps s’est présenté, et j’ai décidé d’acheter. »

Si l’homme d’affaires a choisi ce cas précis, ce n’est pas spécialement par amour de la topographie ou des grands espaces, mais plutôt parce qu’il avait décelé une façon de transformer l’entreprise pour améliorer sa rentabilité.

« Il faut bien comprendre ce que fait une entreprise avant de l'acheter. C'est pour cette raison que je cherchais à acquérir une entreprise dans les technologies de pointe ou en informatique parce que je comprends bien ces secteurs. Je n’aurais jamais acheté une entreprise de production de bois d’œuvre ou dans la construction pour la même raison. »

Implanter des innovations technologiques

TrakMaps était alors basée à Saint-Donat et se limitait à imprimer ses cartes topographiques pour les vendre ensuite aux particuliers et aux entreprises s’aventurant hors des grands centres.

Faraj Nakhleh allait faire entrer l’entreprise dans l’ère numérique. « J’ai tout changé », explique-t-il pour faire court.

Mais dans le détail, sa stratégie était bien plus élaborée.

D’abord, ne pas se limiter qu’aux cartes imprimées. TrakMaps allait devenir une entreprise technologique, ajoutant à l’impression une gamme de produits informatiques sous forme de cartes s’intégrant aux systèmes de géolocalisation.

« Le développement des cartes de géolocalisation est coûteux, mais la marge brute de ses produits est élevée aussi, indique-t-il. Pour y arriver, il fallait obtenir des ententes avec les différents fabricants de GPS. Ça nous a pris un an, mais on a fini par aller les chercher. »

Ne délaissant pas pour autant l’impression, TrakMaps cherche aussi à améliorer la qualité du papier qui supporte ses cartes. « On a mis 6 mois de recherche à trouver un papier synthétique indéchirable et durable », ajoute l’homme d’origine palestinienne établi au Canada depuis bientôt 50 ans.

Trouver les ressources

En tout et pour tout, Faraj Nakhleh aura investi de sa poche plus d’un million de dollars en plus de limiter la hauteur de son salaire pour garantir le succès de la transformation de TrakMaps.

« Quand on investit ses propres sous, on fait encore plus attention à ses décisions », indique le propriétaire de la PME.

Un déménagement à Dorval, afin de faciliter l’avènement d’employés qualifiés, puis l’ajout d’un site Web transactionnel sont venus ficeler la métamorphose.

L’entreprise qui emploie aujourd’hui neuf travailleurs vend ses cartes topographiques et marines, en plus de celles qui répertorient les sentiers de motoneige, sur le Web et par l’entremise d’un réseau de détaillants.

Faraj Nakhleh songe maintenant à passer le flambeau. Et la relève est prête, assure-t-il. Trois de ses enfants travaillent déjà au sein de TrakMaps. À 71 ans, il pourra maintenant regarder derrière lui en se disant « mission accomplie ».

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TrakMaps est soutenue par PME MTL Ouest-de-l'Île

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