Pignon sur roues : quand la relève prend le guidon
Sujet : Financement Développement économique local Transfert d'entreprise
Stade : Transfert
Commerce de détail PME MTL Centre-Ville 28 octobre 2026
D’ici 2029, près de 38 000 entreprises québécoises seront à la recherche de nouveaux propriétaires, selon Repreneuriat Québec. Mais trouver la bonne personne pour reprendre le flambeau n’est pas toujours évident, surtout pour un commerce qui existe depuis plusieurs décennies.
Chez Pignon sur roues, une boutique de vélos bien connue du Plateau-Mont-Royal, la relève est venue de l’interne. En septembre 2025, après 40 ans d’histoire, Patrice et Sylvain Lalonde ont confié les clés de leur commerce à Gabriel Bradette Savaria, un jeune homme de 25 ans qui connaissait déjà la boutique comme le fond de sa poche, lui qui y avait pratiquement grandi.
De la blague à la réalité
Gabriel découvre Pignon sur roues à l’adolescence, alors que le film Premium Rush, qui raconte les aventures d’un messager à vélo à New York, lui donne le goût de s’acheter un vélo avec ses amis. Il visite la boutique une première fois avec sa mère, puis y retourne régulièrement, jusqu’à ce que Patrice et Sylvain l’embauchent à 15 ans.
Au fil des années, Gabriel explore d’autres métiers, notamment en mécanique automobile et en construction, mais revient toujours donner un coup de main à la boutique. « J’ai créé un lien avec Patrice et Sylvain. C’était comme si je faisais partie de la famille. Je viens du monde du hockey et c’était le même esprit tissé serré », raconte-t-il.

À 18 ans, il dit même à ses patrons, à la blague, qu’il rachètera un jour leur commerce. L’idée lui reste en tête, sans qu’il envisage nécessairement de passer à l’action. C’est quand Olivier, le neveu de Patrice et Sylvain et mécanicien en chef depuis 25 ans, décide de quitter son poste qu’il se dit que c’est peut-être le moment de se lancer. Travaillant alors comme électricien, il décide d’aborder le sujet avec les deux propriétaires. Heureuse coïncidence : la boutique était déjà sur le marché depuis quelques mois et ils seraient heureux d’écouter sa proposition. Gabriel prépare alors un plan d’affaires qu’il leur présente en février 2025. Quelques mois plus tard, la transaction est conclue.
Trouver les moyens de ses ambitions
Pour en arriver là, le jeune entrepreneur a toutefois dû surmonter un obstacle de taille : le financement. À 25 ans, sans mise de fonds importante, il essuie des refus auprès des institutions financières traditionnelles. Pas question pour autant de baisser les bras. Il finit par obtenir un financement conjoint de la Banque de développement du Canada (BDC) et de PME MTL Centre-Ville, qui lui accorde un prêt provenant du Fonds PME MTL et du Fonds local de solidarité (FLS). En plus de cet appui financier, Gabriel trouve à PME MTL une personne-ressource de confiance, avec qui discuter de ses préoccupations et obtenir des conseils au fil de ses démarches.

« Quand tu reprends une entreprise, il y a beaucoup d’inconnu. Est-ce que tu as besoin d’un avocat? D’un expert en finances? Tu n’as pas nécessairement accès à toutes les données au départ. C’est pour ça que l’accompagnement de PME MTL a été essentiel », explique-t-il.
En soutenant des entrepreneurs comme Gabriel, PME MTL facilite le repreneuriat tout en contribuant à la vitalité des commerces de quartier sur lesquels repose le développement économique local.
La patience, ça s’apprend
S’il y a une chose que Gabriel a apprise depuis qu’il s’est lancé en affaires, c’est la patience. « Et ce n’est vraiment pas ma plus grande qualité! », admet-il. Entre l’attente des réponses à ses demandes de financement et les hauts et les bas d’un commerce saisonnier, les occasions de l’exercer n’ont pas manqué.
Autre apprentissage important : arriver bien préparé à ses rencontres, surtout quand il est question de financement. « Quand les gens t’accordent leur temps, il faut que tu sois efficace », souligne Gabriel.
Il a aussi appris à déléguer, un réflexe qui ne lui vient pas toujours facilement, entre autres en nommant un de ses employés gérant de la boutique pour pouvoir consacrer plus de temps à la gestion et au développement de l’entreprise. Il mise également sur son réseau pour obtenir des conseils, notamment auprès d’un ami comptable, d’un autre avocat en droit des affaires et de ses parents, eux-mêmes entrepreneurs.

« Mon père m’a toujours dit : plus tu as de contacts, mieux c’est. Il faut entretenir ces relations parce que tu ne sais jamais quand tu vas avoir besoin de quelqu’un. »
Une boutique qui évolue avec son quartier
Depuis le changement de propriétaire, Pignon sur roues a déjà connu plusieurs transformations, dont la modernisation des systèmes de caisse et de la gestion des stocks. Gabriel a aussi revu l’aménagement des lieux avec l’aide de sa conjointe, designer d’intérieur, tandis qu’un ami artiste a créé un nouveau logo.
Mais pour la suite, ses priorités sont ailleurs. Avant d’investir dans l’apparence du commerce, Gabriel souhaite améliorer l’équipement de l’atelier de réparation et diversifier les produits offerts en boutique. « Je préfère investir dans les outils de mes mécaniciens et dans des produits intéressants pour mes clients avant de refaire le plancher, par exemple », explique-t-il. Il compte entre autres proposer davantage de vélos et d’accessoires haut de gamme pour répondre aux goûts d’une clientèle qui rajeunit. L’objectif n’est donc pas de transformer complètement Pignon sur roues, mais de faire évoluer son offre en fonction des besoins de sa clientèle, comme la boutique le fait depuis ses débuts.
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Pignon sur roue a reçu le soutien de PME MTL Centre-Ville.
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