Contribuer au domaine de la santé en créant un vêtement intelligent

Défi d’entrepreneur | 21 août 2017

Faire preuve de patience et d'audace 

Jean-François Roy et Pierre-Alexandre Fournier travaillaient ensemble en intelligence artificielle (IA) lorsqu’ils ont quitté leur emploi pour se lancer en affaires. En 2006, ils ont fondé Carré Technologies, dont le modèle d’affaires reposait sur la vente de logiciels d'intelligence artificielle, notamment dans le traitement automatique du son et de la vidéo. 

Mais les deux entrepreneurs voulaient aller encore plus loin. Leur objectif : développer un produit novateur en technologie de la santé. À force de persuasion, de recherche et de développement, ils ont gagné leur pari. Tellement, que leur produit vedette, la camisole Hexoskin, séjournera bientôt dans la station spatiale internationale.

Séduire les grandes organisations

La camisole Hexoskin est munie de capteurs mesurant les signes vitaux, dont le pouls cardiaque et l’activité respiratoire. Les professionnels de l’entraînement sportif, les chercheurs en santé et l’industrie de la défense figurent parmi les clients de Carré Technologies. 

La PME se targue d’avoir été l’un des premiers fabricants de vêtements intelligents au monde. En 2011, elle a d’ailleurs reçu pour sa camisole intelligente l’une des premières licences « Made for iPhone », lors d’un contrat négocié avec Apple. 

On travaille entre autres avec la NASA, la Défense américaine et le MIT

La marque Hexoskin est désormais connue partout sur le globe. « Il y a des centaines de chercheurs dans le monde qui font des travaux en utilisant notre technologie. On travaille entre autres avec la NASA, la Défense américaine et le MIT », explique Pierre-Alexandre Fournier, 38 ans. 

Financer la R&D

Les deux entrepreneurs scientifiques n’ont pas compté leurs heures avant de réaliser leurs premières ventes. Fonder une entreprise oblige parfois à de grands sacrifices. « Il nous a fallu cinq ans de R&D avant d’enregistrer nos premiers revenus en 2011-2012 », dit M. Fournier. 

Or, cinq ans de R&D, ça coûte cher. La recherche de financement a donc pris une place importante dans le quotidien des deux hommes d’affaires, déjà très occupés avec leur PME.

Même si les logiciels d'intelligence artificielle de Carré Technologies ont financé une partie des travaux de recherche d’Hexoskin, le puits s’est rapidement tari.

Pierre-Alexandre Fournier et Jean-François Roy

« Il existe plein de prêts, de bourses et d’autres types de subventions. C’est beaucoup de temps, entre autres pour remplir des formulaires. Malheureusement, on ne se fait pas toujours dire oui. Lever du financement quand tu as un produit novateur, un projet complexe, c’est très difficile. Surtout au début. »

Même si trouver de l’argent demeure une préoccupation de tous les instants quand on fonde une entreprise ou qu’on souhaite la faire passer à un autre niveau, l’offre d’accès à du capital s’est considérablement élargi depuis 10 ans, rappelle le jeune chef d’entreprise. 

« Les fonds d’investissement, les anges, le capital de croissance, les incubateurs ; ça bouge beaucoup et c’est très encourageant pour l’avenir. Mais la tradition de financer de l’intangible n’est pas encore à point au Québec. Même aux États-Unis, ça demeure une préoccupation. »

Miser sur la crédibilité de l'entreprise

Au fil du temps, Jean-François Roy et Pierre-Alexandre Fournier ont développé quelques trucs pour attirer l’attention. Ils ont ainsi réussi à amasser près de trois millions de dollars en financement. 

La recherche et l’innovation sont certes exigeantes. Mais elles peuvent être de puissants outils de marketing. Bref, faire parler de soi et se bâtir une crédibilité, a permis ici de faire bouger les choses.  

« Nos clients finissent par contribuer à nos produits et à notre entreprise en publiant des études scientifiques où nos vêtements sont utilisés. Ça nous aide à expliquer ce qu’est Hexoskin et à convaincre les investisseurs de monter à bord », indique Pierre-Alexandre Fournier. 

Aussi, la PME a compris qu’une technologie, un brevet, voire des plans, étaient d’autres façons de se faire valoir auprès des créanciers. « C’est une valeur, car ça représente des actifs tangibles dans un monde où, au début, on ne vend que de l’intangible », explique M. Fournier.   

Pour la suite des choses, Carré Technologies et ses vêtements intelligents poursuivent leur ascension partout dans le monde. La PME exporte 90 % de sa production à l’extérieur du Québec, dont 50 % rien qu’aux États-Unis. Entre 2011 et 2016, l’entreprise montréalaise de 25 employés a multiplié ses revenus par 16.

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Carré Technologies est soutenue par PME MTL Centre-Est

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