Défi d’entrepreneur | 17 septembre 2018

Accessibilité et inclusion au coeur d'un projet coopératif

Lorsque nous cherchons la définition d’utopie, le Larousse nous donne «projet dont la réalisation est impossible, conception imaginaire». Caroline Bourbonnais, Héloïse et Mathilde Lanouette du Rond-Point Café autogéré ont choisi de faire un pied de nez à la définition et de passer à l’action.

En discutant avec l’une des propriétaires du café, Caroline Bourbonnais, nous remarquons tout de suite la passion de la jeune femme envers son commerce. Sa passion est sans aucun doute motivée par les nombreux obstacles rencontrés sur son chemin, imposées par des personnes se montrant réfractaires au projet du café. Au diable les embûches! Caroline Bourbonnais et les soeurs Lanouette ont choisi de ne pas lancer la serviette.

Acquérir un ancien café pour le transformer 

Ainsi, elles ont procédé à l’acquisition d’un ancien café situé sur la rue Ontario, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Elles ont ensuite mis la touche finale à un projet axé sur l’accessibilité: un endroit où les familles seraient les bienvenues et où les enfants pourraient être, justement, des enfants, sans regards désapprobateurs. À cela s’ajoute une ardoise de prix abordables, pour répondre aux besoins de leurs clientèle. «L’idée d’offrir un espace aux familles a tout le temps fait partie de notre projet. Ç’a tout le temps été pris pour acquis», affirme Caroline Bourbonnais.

L’idée d’offrir un espace où les familles et les enfants seraient les bienvenues a toujours fait partie de notre projet.

Comme l’accessibilité est au coeur de la mission du Rond-Point Café autogéré, le choix de l’emplacement est venu naturellement. «Nous vivons toutes les trois dans le quartier. C’est donc venu d’office que nous allions ouvrir notre commerce dans Hochelaga. Nous connaissions le local, nous le trouvions beau. Lorsque l’occupant a quitté les lieux, nous avons saisi notre chance», précise Caroline Bourbonnais.

Faire place aux femmes en dépit des obstacles

Les femmes sont au coeur du café. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un prérequis, l’embauche de personnel de sexe féminin s’avère important. «Il y a un aspect féministe au café, c’est certain», mentionne Caroline Bourbonnais. La copropriétaire souligne au passage les nombreux obstacles auxquels ses collègues et elle ont dû affronter afin de réaliser leur projet. «Certaines personnes ont été rébarbatives envers nous, compte tenu que nous étions de jeunes femmes avec des idées», poursuit-elle. Elles ont réussi à tirer leur épingle du jeu: le café célébrait son premier anniversaire le 2 juin dernier.

Être attentif aux besoins de sa clientèle

Pour les entrepreneuses, tisser des liens serrés avec sa clientèle est primordial. «Notre café, c’est comme notre deuxième famille, mentionne Caroline Bourbonnais. Les gens se sentent comme chez eux et nous connaissons notre clientèle sur le bout des doigts.»

Un café à vocation sociale ouvert aux initiatives citoyennes

Autre signe d’ouverture à la clientèle: les soirées cabaret, où le Rond-Point Café autogéré devient l’hôte d’une soirée quiz ou de poésie. Bien que les gestionnaires soient derrière la majorité des soirées, elles laissent place aux initiatives citoyennes. D’ailleurs, les propriétaires souhaiteraient vivement organiser d’autres soirées mensuelles, par exemple des soirées de jeux de table ou des soirées musicales. «Nous aimerions que cette offre se multiplie. C’est fun et ça rassemble les gens», affirme Caroline Bourbonnais.

Les jeunes femmes du Rond-Point Café autogéré souhaitent ainsi rester actives encore longtemps. Sans avoir la prétention de révolutionner l’univers du café, elles peuvent avoir le mérite d’avoir prouvé qu’être utopique peut fonctionner.

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Rond-Point Café autogéré est soutenu par PME MTL Centre-Est.