Le Livart, un modèle d'entrepreneuriat social qui célèbre déjà ses 10 ans!
Sujet : Développement économique local
Stade : Croissance
Industrie créative et culturelle PME MTL Centre-Ville 29 juillet 2026
Cet automne, le Livart soufflera ses dix bougies. En une décennie, l’organisme à but non lucratif est devenu bien plus qu’un centre d’art du Plateau-Mont-Royal, s’imposant comme un exemple inspirant d’entrepreneuriat social dans le milieu culturel montréalais.
Derrière les murs de l’ancien presbytère de la rue Saint-Denis, on retrouve aujourd’hui des expositions, des ateliers, des camps de jour, des résidences d’artistes, une école d’art, une boutique, des espaces de location, des activités de médiation et, surtout, un lieu profondément vivant.
Mais si le Livart a autant évolué depuis ses débuts, une idée, elle, n’a jamais changé.
« La démocratisation de l’art. À tout prix », résume Cindy Tessier-Trudeau, fondatrice et directrice générale du Livart.
Depuis 2016, cette vision a donné naissance à un endroit où des enfants découvrent la création pour la première fois. Où des artistes trouvent enfin l’espace pour expérimenter. Où des voisins passent simplement prendre un café dans la cour intérieure. Regard sur un projet qui a grandi au rythme de sa communauté.
Sortir l’art de son piédestal
L’idée du Livart prend forme en 2013. À ce moment-là, Cindy Tessier-Trudeau sent qu’il manque quelque chose dans le paysage culturel montréalais : des espaces artistiques où les gens peuvent réellement se sentir à leur place.
« L’art, ça peut être intimidant. Les gens ne se sentent pas toujours bienvenus ou impliqués », explique-t-elle.
Le projet naît donc d’un désir assez simple : créer un lieu où l’art fait partie de la vie de tous les jours. Dès le départ, le Livart multiplie les façons de faire entrer les gens dans l’univers artistique, que ce soit par les expositions, l’école d’art ou la location événementielle. Rapidement, un public en particulier prend de plus en plus de place : les jeunes.

« Les jeunes et les enfants, c’est souvent une porte d’entrée vers un public plus large », souligne Cindy.
Aujourd’hui encore, cette volonté d’ouverture se reflète dans toute la programmation, avec des expositions gratuites à l’année, des ateliers accessibles et des activités jeunesse qui continuent de grandir.
Une croissance construite pas à pas
Quand le Livart ouvre officiellement ses portes en 2016, l’organisation repose essentiellement sur les épaules de Cindy et d’une seule employée. Les débuts sont marqués par beaucoup d’improvisation et d’essais-erreurs.
« C’était géré de façon très instinctive. On cognait à toutes les portes. On essayait des affaires. »
Avec le recul, Cindy parle même d’une certaine « naïveté positive » qui lui a permis d’avancer sans trop réfléchir à tout ce qui aurait pu empêcher le projet d’exister.
Petit à petit, l’équipe grandit et le Livart se taille une place dans le milieu artistique montréalais, gagnant la confiance des artistes. Maintenant, l’organisme compte cinq employés à temps plein, des employés saisonniers l’été, un conseil d’administration et un comité de programmation. Mais malgré la croissance, Cindy dit avoir l’impression de revenir à l’essentiel.
« Le Livart est devenu une sorte de maison où les gens se rencontrent et créent des liens autour de l’art. »
Cette évolution s’est aussi construite grâce à une diversification constante des activités. Pendant la pandémie, par exemple, l’équipe lance une boutique pour maintenir un lien avec le public malgré les restrictions. Mais c’est probablement du côté des camps de jour que la croissance est la plus frappante.
Récemment, le Livart a aussi accueilli gratuitement 14 classes scolaires pour permettre aux élèves de rencontrer des artistes et de participer à des activités de création.
Un lieu qui appartient à sa communauté
L’ancrage communautaire du Livart ne doit rien au hasard. Bien avant d’accueillir des expositions et des ateliers, l’ancien presbytère appartenait aux Dominicains et servait déjà de point de rassemblement pour le quartier. Pour Cindy, il était important de préserver cet esprit-là.
« L’idée derrière le projet, c’était de redonner le bâtiment à la communauté. »
Cette vision de l’entrepreneuriat social continue encore aujourd’hui de guider les décisions du Livart. Ça se ressent dans la façon dont les gens fréquentent l’endroit. On vient au Livart pour voir une exposition, inscrire ses enfants à un camp de jour, assister à un vernissage ou simplement profiter de la cour intérieure.
« On veut vraiment que les gens s’approprient l’espace », explique Cindy.
À force de grandir, l’organisme a aussi commencé à manquer d’espace. En 2024, le Livart franchit donc une nouvelle étape avec l’acquisition de l’ancienne sacristie voisine. Cet agrandissement permet notamment de mieux répondre à l’ampleur des activités jeunesse grâce à des ateliers plus adaptés, davantage de lumière naturelle et des installations plus accessibles.
Le projet reçoit un appui financier de 50 000 $ de PME MTL Centre-Ville, qui accompagne le Livart depuis plusieurs années. De la phase de démarrage jusqu’à la création de la boutique pendant la pandémie, l’organisme a pu compter sur du soutien financier, des formations, des ressources ainsi que des mises en relation stratégiques pour l’aider à poursuivre son développement.
Au-delà du financement, ce soutien représente surtout une forme de reconnaissance, affirme Cindy. « Quand on porte un projet pendant des années, ça fait du bien d’avoir des bailleurs de fonds qui t’appuient et te disent : on voit ce que vous faites, puis on croit en vous. »
Rassembler, du Plateau jusqu’à Bogotá - Célébrons ensemble l'entrepreneuriat social
Dix ans plus tard, le Livart continue d’avancer. Prochain grand chantier : le rayonnement international. Grâce à des missions culturelles en Colombie et en Corée avec la Ville de Montréal, la Chambre de commerce et le Conseil des arts de Montréal, l’équipe a commencé à bâtir de nouveaux partenariats pour favoriser les échanges artistiques.
Le Livart accueille désormais jusqu’à six artistes en résidence à la fois. Récemment, deux artistes de la Martinique sont venus créer à Montréal pendant plusieurs semaines avant de présenter leurs œuvres au public. À l’automne, un artiste montréalais partira à son tour en résidence à Bogotá. Et, pour Cindy, cette ouverture sur le monde s’inscrit naturellement dans la mission du Livart : créer un espace où l’art rassemble.
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Le Livart a bénéficie du soutien de PME MTL Centre-Ville.
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