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Radish repense la livraison de repas

Défi d’entrepreneur | 22 oct. 2020

À l’heure où, pandémie oblige, la livraison à domicile de repas de restaurants a la cote, la coopérative Radish propose un modèle d’affaires dans lequel chaque partie prenante trouve son compte.

Depuis quelques années, particulièrement depuis le début de la crise sanitaire, les services de livraison de repas de type Uber Eats, DoorDash, Deliveroo, Skip the Dishes et autres font désormais partie des habitudes de plusieurs consommateurs. Rien d’étonnant, car selon un sondage mené en mai 2019, un Canadien sur trois envisageait alors de recourir à une application dans les six mois suivants pour se commander un repas.

Cette année, la valeur des repas livrés à domicile atteindra 136,4 milliards $US dans le monde. 

Cette année, selon diverses études (notamment de la firme de recherche Angus Reid Global et de l’université Dalhousie), la valeur des repas livrés à domicile atteindra 136,4 milliards $US dans le monde. Au pays, 13,2 millions de Canadiens commanderont pour 2,5 milliards $US de repas. Et localement, 1,4 million de Montréalais se feront livrer l’équivalent de 265 millions $US de nourriture. La tendance va se maintenir, car en 2024, la valeur des repas de restaurants livrés sera de 182,3 milliards $US dans le monde, de 3,5 milliards $US au pays (17,4 millions d’utilisateurs) et de 641 millions $US à Montréal (1,95 million d’utilisateurs).

Avec de tels chiffres, on comprend mieux pourquoi bon nombre de firmes américaines de capital de risque ont investi dans ce secteur au cours des derniers mois. Tout n’est cependant pas rose, car confrontés à des services qui grugent leurs marges bénéficiaires déjà minces, de plus en plus de restaurateurs réclament un système davantage équitable.

Grandir à petits pas

Née à la fin de 2019, Radish, une organisation montréalaise, souhaite justement faire sa place au sein de cette industrie en proposant un modèle coopératif, afin que chacun y trouve satisfaction, tant les livreurs que les restaurateurs et les utilisateurs.

Les grands joueurs dans ce milieu accaparent des commissions aussi élevées que 35 % sur chaque livraison, explique Mansib Rahman, l’un des co-fondateurs et directeur général de Radish. Cela diminue de beaucoup la fragile marge de rentabilité des restaurateurs. De notre côté, nous proposons un modèle coopératif, où les gains sont redistribués aux membres plutôt que d’enrichir de grosses sociétés. 

Mais comment rentabilisera-t-il Radish avec des commissions à moitié moins élevées que celles des géants de son milieu, lesquels ne sont toujours pas profitables? « Uber Eats a reçu un financement de 24,5 milliards $ de diverses instances. De tels créanciers cherchent du rendement rapide et élevé, indique Mansib Rahman. Cela impose donc des commissions immenses partout où Uber est présent. De notre côté, nous évoluons sur un plus petit marché et ne cherchons pas nécessairement à nous étendre partout le plus vite possible. »

Meilleur engagement, meilleur service

L’engagement de membres coopératifs ou de salariés est supérieur à celui de livreurs qui œuvrent en sous-traitance. 

Le modèle coopératif mis en place présente aussi des avantages qualitatifs, estime cet ex-chef d’équipe en science des données chez Desjardins, où il s’est familiarisé avec le concept de coop. Son argument repose sur des études ayant démontré que l’engagement de membres coopératifs ou de salariés est supérieur à celui de livreurs qui œuvrent en sous-traitance.

Ainsi, dans ce dernier cas, ils ne travaillent que durant leurs moments libres, lesquels ne correspondent pas toujours aux périodes de pointe. « Les exemples de dérapage sont également nombreux, rappelle Mansib Rahman : manque de courtoisie ; repas reçus tardivement ou même mangés en partie par les livreurs affamés ; repas chauds livrés froids, car non placés dans des sacs isolants ; etc. Même s’il ne s’agit pas forcément de cas courants, en revanche, les membres d’une coop sont plus présents et disponibles, car leur rôle est plus significatif dans le succès de l’organisation. En plus, notre plan d’affaires comporte un volet de formation avec des normes très élevées. »

Partenaire de l’industrie

Radish compte actuellement une douzaine de restaurateurs membres et huit livreurs. Son plan d’affaires ne cible pas des catégories précises d’établissements. De fait, sa direction se dit même prête à travailler avec de grandes chaînes qui possèdent leur propre parc de véhicules de livraison, mais dont la technologie est désuète.

Ses activités ont commencé dans le quartier Villeray à la fin de 2019. Puis, l’organisation a vite étendu son territoire sur le Plateau Mont-Royal et dans Côte-des-Neiges. Mansib Rahman a également reçu des appels de Victoria, en Colombie-Britannique, mais aussi d’Halifax, de London en Ontario, de même que Saguenay. Ces entrepreneurs souhaitent d’implanter son modèle d’un bout à l’autre du pays.

Ici, toutefois, l’entrepreneur se montre prudent quant à une expansion rapide. « Nous accordons une grande importance aux spécificités de chaque région. Plusieurs éléments varient d’un endroit à l’autre : normes, réglementation, densité, etc. Par conséquent, nous cherchons à traiter avec des développeurs locaux plutôt qu’à dupliquer le modèle implanté à Montréal. »

Radish n’entend cependant pas se limiter à la livraison de repas. À plus long terme, son équipe désire devenir partenaire des restaurateurs sur différents plans. « Par exemple, si nous atteignons un certain volume de membres, nous pourrions implanter des programmes d’assurances et autres avantages sociaux pour les employés. Du point de vue technologique, nous pourrions aussi aider les restaurateurs à mettre leurs sites Web à jour, de manière à ce qu’ils se concentrent sur les opérations de restauration. »

Comment PME MTL a fait la différence pour Radish

« Dans le cadre d’un travail manufacturier, j’avais connu un membre de l’équipe de PME MTL. Nous avons donc fait appel au groupe pour obtenir du financement, lequel a pris la forme d’une bourse de 20 000 $. Sur un autre plan, PME MTL s’avère un précieux allié pour nous mettre en contact avec des investisseurs et des partenaires potentiels. On ne peut pas avoir des réseaux dans tous les domaines. Or, une des forces de PME MTL, c’est sa capacité à trouver les bonnes personnes, peu importe le secteur, que ce soit dans le milieu même de la restauration ou pour obtenir des conseils juridiques. PME MTL, c’est un partenaire qui nous permet d’avancer. »

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Radish est soutenue par PME MTL Centre-Est.

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