Défi d’entrepreneur | 26 janvier 2018

Devenir propriétaire de son bâtiment

Passer de la location d'un espace de travail à l'achat

Casteliers est un organisme culturel en forte croissance et mène, en collaboration avec l’Association québécoise des marionnettistes (AQM) un projet d’envergure : la Maison internationale des arts de la marionnette (MIAM). Pour y arriver, Casteliers a fait l’acquisition d’un immeuble, une première pour ses codirectrices générales qui proviennent toutes deux du milieu artistique. Elles doivent maintenant apprivoiser un nouvel environnement et des méthodes de gestion entrepreneuriale.

Quand elle a créé Casteliers en 2005, Louise Lapointe voulait diffuser l’art de la marionnette au Québec. Treize ans plus tard, l’organisme à but non lucratif (OBNL) a rempli sa mission. Des spectacles pour enfants et adultes, un festival international annuel, des ateliers de fabrication, des expositions, des activités de médiation culturelle et des résidences d’artiste… « Casteliers est en pleine croissance et nous sommes très sollicités », se réjouit la fondatrice et codirectrice de Casteliers.

Mais Louise Lapointe, à l’instar de l’ensemble du milieu de la marionnette, avait un autre rêve : créer une Maison internationale des arts de la marionnette (MIAM) à Montréal. « Ce rêve est en train de se réaliser », affirme Louise Lapointe dans un sourire.  Choisie comme projet de legs du 375e anniversaire de Montréal par l’arrondissement d’Outremont, la MIAM ouvrira ses portes en 2018, après plus de dix-mois de travaux de rénovation et d’aménagement.

Assumer de nouvelles responsabilités

En novembre 2017, Casteliers est devenu propriétaire, par bail emphytéotique d’une période de trente ans, de la bâtisse située au 30-32, avenue Saint-Just à Outremont, au cœur de l’îlot Saint-Viateur. L’édifice désaffecté depuis de nombreuses années abritait à l’origine les anciennes écuries des pompiers d’Outremont.

L’organisation se doit d’assumer les dernières phases des travaux, grâce au soutien des différents paliers de gouvernement et d’une campagne majeure de financement. Un défi important pour l’OBNL qui a toujours été locataire.

Être propriétaire d’un bâtiment, c’est une nouvelle responsabilité qui a des implications fiscales et administratives auxquelles nous n’étions pas habituées.

La MIAM, dont la mission est vouée à la création, la formation, la diffusion et la médiation culturelle, est composée d’un studio-laboratoire, d’un atelier de fabrication bien outillé et d’un grand espace multifonctionnel. Elle accueillera aussi les bureaux de Casteliers et de l’AQM qui développent ensemble un modèle de gestion novateur afin d’assurer l’animation, l’entretien et la gestion du bâtiment.

« Être propriétaire d’un bâtiment, c’est une nouvelle responsabilité qui a des implications fiscales et administratives auxquelles nous n’étions pas habituées », relève Louise Lapointe alors que Casteliers est avant tout un diffuseur spécialisé en théâtre « nomade » qui programme des spectacles de marionnettes dans différentes salles de théâtre de Montréal. L’organisme a donc dû mener parallèlement ce nouveau projet comme on gère la création d’une entreprise.

Or, les deux codirectrices générales – Louise Lapointe aussi chargée de la direction artistique et Catherine Renaud de la direction de production - connaissent bien le milieu théâtral, mais n’ont que peu de formation spécialisée en matière de gestion. « Nous avons demandé l’aide de spécialistes », explique Louise Lapointe, qui a bénéficié des conseils de PME MTL dans ce domaine.

Rentabiliser l’espace

La MIAM sera autonome financièrement, offrant ses différents espaces en location aux marionnettistes. « Nous savons qu’il y a un grand besoin. Nous tenons à offrir des prix abordables, mais qui permettent de financer le projet. Les espaces seront également loués pour des résidences d’artistes, de la formation, des activités de médiation culturelle,  etc. », poursuit Louise Lapointe.

S’entourer d’experts

L’enjeu pour la codirectrice : « il faut s’assurer de la bonne gestion de la MIAM tout en continuant notre mission de diffuseur spécialisé en théâtre. » Pour l’aider dans cette tâche, « il faut être bien entouré », précise-t-elle. Grâce à du financement, l’organisme a embauché des experts, dont un consultant pour rédiger le plan d’affaires et assurer le suivi les différentes étapes du chantier, un fiscaliste spécialisé en taxes foncières, une spécialiste en campagne de financement, etc. Autant de compétences dont n’était pas doté l’OBNL, qui compte seulement à ce jour deux employées à temps plein, deux autres à demi temps et embauche plusieurs contractuels. « La consolidation de l’équipe et l’augmentation du nombre d’employés demeurent certes la priorité des trois prochaines années », confirme la codirectrice.

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Casteliers est soutenu par PME MTL Centre-Ville

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